[Book] Nos étoiles contraires

Nos vies sont comme les toiles d’une araignée faites des longs fils des rencontres, des êtres que nous aimons, ceux qui nous exaspèrent et même ceux pour qui nous sommes indifférents. Nos vies sont une toile où s’entremêlent les visages de ceux qui nous font sourire ou grimacer, des rires des vieilles dames, des pleures de nos compagnons et des cris de nos ennemis. Nos vies sont une toile mais nul ne peut décider du motif qu’elles vont prendre. Même le plus calculateur ou le plus prévenant d’entre nous ne peut savoir de quelle couleur seront nos lendemains. Et nos vies passent et le fil se tisse. Et le fil se tisse de nos rencontres. Et nos vies se tissent de rencontres et de séparations. La rencontre est le début de la séparation. Les toiles se superposent puis s’éloignent. C’est ce qu’on appelle la vie. Et la vie ne s’arrête jamais. Il y a toujours une araignée quelque part.

Rares ou prétentieux sont ceux qui, à l’avance, peuvent deviner si une rencontre sera glorifiante ou abaissante. Rares ou prétentieux sont ceux qui, à l’avance, peuvent goûter à la réalité d’une rencontre sans rien attendre en retour. De même, il semble impossible de réaliser l’impact qu’une rencontre pourra avoir sur sa vie. Va-t-il me rendre plus fort ? Va-t-elle me blesser ? La vie est une toile de mystère et c’est ce mystère qui lui donne ce parfum d’inconnu qui fait palpiter le cœur et agiter les papillons dans ses entrailles. Quand bien même pourrait-on, de manière si catégorique, séparer les rencontres qui nous abaissent de celles qui nous élèvent, le bénéfice serait-il assuré? Les toiles des araignées volètent au grès des vents et des doigts des enfants. Mais l’araignée ne l’abandonne jamais. Elle use de ses longs doigts pour réparer ce qui a l’air cassé. De cette même manière, de nos pires expériences, il ne tient qu’à nous d’en trouver la force de recommencer. Il y a toujours une leçon à tirer, même si les chemins finissent par se séparer. Quoi qu’il arrive, l’araignée avance, et la toile grandit. “Dans ce monde, ce n’est pas nous choisissons si on nous fait du mal ou non, en revanche on peut choisir qui nous fait du mal. J’aime mes choix.”

Personne ne nous prévient. Personne ne nous avertit. Personne ne sait à quoi ressemble une rencontre et encore moins une séparation, jusqu’à l’instant où elle pointe le bout de son nez. Les yeux se croisent et s’évitent, se bousculent et se mordent. Les corps s’évitent et c’est la collision. Irréversible ou inaperçue. Un choix se pose : connaître l’inconnu et passer son chemin. Le temps passe et il faut vivre avec ce petit choix de rien du tout qui aurait très bien pu changer toute votre vie, ou ce qu’il en reste. La vie c’est aussi la rencontre avec la mort et sa séparation qui nous conduit vers elle-même. Rien ne sert de fuir. La réalité ne changera pas. Mais il sert de vivre, aussi intensément que son cœur le supporte. “Je suis amoureux de toi et je ne suis pas du genre à me refuser le plaisir de dire des choses vraies. Je suis amoureux de toi et je sais que l’amour n’est qu’un cri dans le vide, que l’oubli est inévitable, que nous sommes tous condamnés, qu’un jour viendra où tout ce qu’on a fait retournera à la poussière, je sais aussi que le soleil avalera la seule terre que nous aurons jamais et je suis amoureux de toi.”

C’est pour toutes ces raisons qu’il faut prendre son courage à deux mains, mettre ses idées de côté et dévorer l’essence même de ce roman. Il y a toujours quelque chose à apprendre de n’importe quelle rencontre et de toute séparation. Encore plus quand il s’agit d’un livre. Encore plus quand il s’agit de mots. “Je crois qu’on peut choisir dans la vie comment on a envie de raconter une histoire triste.” Et une histoire triste ne veut pas dire une moins belle histoire. Une histoire triste ne veut pas dire une histoire qui en vaut moins la peine. Rencontrer Nos Etoiles Contraires et s’en séparer c’est une aventure sans mot pour la décrire. C’est une aventure qu’il faut voir et dévorer. “De toute façon, les véritables héros ne sont pas les gens qui font les choses; les véritables héros sont les gens qui remarquent les choses, qui y prêtent attention. Le type qui a inventé le vaccin contre la variole n’a rien inventé du tout, il a juste remarqué que les gens qui avaient la variole bovine n’attrapaient pas la variole.”

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One thought on “[Book] Nos étoiles contraires

  1. Et si l’on tisse des liens, qu’on s’accroche à nos toiles, que l’on suit notre bonne étoile, pour pas se perdre de vue c’est donc que rien n’est perdu?
    Tissu de fil, de vie ou de mensonge, quoi qu’il en soit Tissu d’histoires. À nous de les écrire, de les créer. De les voir.

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