[Game] May Freya be with us all

The Witcher 3, l’épopée à la suite du petit fessier tout ferme de Geralt

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Contexte : Chers non-lecteurs, comme je me plais à raconter ma vie je voulais écrire quelques lignes pour rétablir le contexte dans lequel j’écris cet article. D’abord en 2014, l’année où j’ai pris la décision de laisser Mon Saint Esprit Tordu s’exprimer, je n’avais pas de PlayStation, ma partenaire de prédilection. Je ne pouvais donc écrire que sur des jeux auxquels j’avais joué dans mon enfance, grossièrement appelé “retrogaming” aujourd’hui. Ce sera donc la première fois que j’écris sur un jeu aussi récent. Il y a quelques semaines, je rencontrais des supers joueurs dans les locaux d’Ubisoft qui m’ont décidé d’une part à me mettre au Stream et d’autre part à démarrer l’inlassable épopée de Geralt. J’étais TRÈS réticente à l’idée de commencer, je ne voyais qu’une innombrable aventure héroic-fantasy, à la suite de Skyrim (que j’avais trouvé ennuyant à mourir). Mais j’ai finit par me lancer, la tête la première. A ce jour, j’ai une petite quatre-vingt-dizaine d’heures à mon actif et je n’ai pas encore terminé le jeu, mais je voulais déjà partager avec vous quelques éléments qui m’ont beaucoup marqué.

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En quelques mots (si vous avez été retenu prisonnier sur une île déserte cette année et que par conséquent, vous n’avez jamais entendu parler du jeu), The Witcher est un rpg d’action-découverte, sorti du sein maternelle des copains de chez CD Projekt RED, en open world dans un univers fantastique tout ce qui se fait de plus classique. Des dragons, de la bière, du sang, des épées, enfin la routine.

Entre bien et mal

(Toi qui comprend cette référence tu as mon respect)

Le monde de The witcher est fichtrement bien ficelé. Si bien ficelé que l’immersion casi-totale se fait dès les premiers minutes de jeu. Que ce soit le bestiaire ou le large évantail de pnj avec lesquels on peut avoir plus ou moins d’interactions, une question s’est vite posé. En tout cas pour moi, elle s’est vite posé. Elle est même devenu crucial. Je suis d’ailleurs persuadé qu’elle est au coeur même du jeu : la question du bien et du mal. Cela peut sembler très terre à terre mais plus j’apprenais à connaître Geralt, son histoire, et plus je voulais faire les choses non pas en fonction de moi mais bien en fonction de lui. Je voulais bien faire les choses. Et très vite j’ai eu soif de justice, que ce soit pour les humains ou pour les monstres. Geralt est sorceleur, c’est son boulot d’éliminer les monstres selon le bon vouloir et surtout la bourse, des humains qu’il rencontre. Mais finalement, ce qui fait de ce jeu une expérience unique c’est de pouvoir prendre des décisions qui ont un sens profond et de vraies conséquences. Tous les monstres n’ont, à mon sens, pas à périr par l’épée parce qu’ils sont des monstres. Tout comme les humains n’ont pas tous les droits parce qu’ils sont humains. En un sens, ce n’est pas très éloigné de la réalité… Qui a le droit de vivre ou mourir ? Qui a le droit de décider de qui peut vivre ou mourir ? On peut aller loin comme ça ! Et croyez le ou non, je me suis posé toutes ces sortes de questions au court de l’aventure.

The Witcher 3 est un jeu bien connu pour ces relations sexuelles et amoureuses très développées ! Et Geralt disons le … Oui Geralt est sexy. Il a des fesses bien fermes, des cicatrices partout, il est beau, il est grand, il est fort … Comment lui résister ? Lui même sait apprécier ce que la vie lui donne le bon vin, une bonne bataille, une partie de Gwynt et les jolies femmes. Habituellement, mon maître mot pour ce genre de jeu est “tu périras dans le sang et la cyprine”. Mais là j’étais simplement incapable d’être infidèle à Yennefer. Bon en vérité j’ai été infidèle. Pardonne moi Yenn. Mais j’ai tué la première et envoyé la seconde le plus loin possible de moi. J’avais tellement peur de décevoir Yenn ou même Cirilla. Jouer en pensant aux réactions que pourraient avoir d’autres personnages est vraiment une expérience intéressante.

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“Son, just don’t”

(Toi qui comprend cette référence tu as mon respect)

Au risque de passer pour une puriste ou simplement étaler devant la face du monde que oui je suis une putain de bilingue maggle, je trouve aberrant de jouer en français. Alors oui il ne faut pas juger toussa. Mais non, jouer en français c’est comme tuer le game, c’est étouffer Geralt sous un oreiller pendant son sommeil et tu ne veux pas tuer Geralt ! Chaque région possède non seulement son Histoire mais surtout une culture qui lui est propre. Prenons l’exemple de l’archipel de Skellige (à prononcer comme il se doit) qui est très clairement inspiré par la culture Viking, les cultes religieux, le système féodal des “earls” (ce qui correspond plus ou moins au système de comte), même la musique. Les voix des personnages sont très particulières. Le peuple viking est un peuple de guerre habitué au sang et au froid, ils vivent à la dure et ça s’entends dans leur voix. En français c’est…fade, sans âme… Sans aucune différence avec les personnages des autres régions. J’ai un peu du mal à comprendre que l’on se prive d’une immersion encore plus profonde sous prétexte que lire les sous-titres et regarder les images c’est trop compliqué …

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Alors pour conclure je dirais que pour profiter de The Witcher 3 il ne faut se mettre aucune barrière ! Vivez les quêtes comme s’il s’agissait de votre propre aventure. C’est le premier jeu sur PlayStation 4 qui me comble à ce point. Je suis vraiment heureuse et reconnaissante, autant à l’équipe qui s’est occupé de sa création, qu’à mon ami Viscous qui m’a transmit sa passion pour le jeu. Sur ce, j’y retourne.

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Twisted mind#1

BUTTERFLY

Des papillons dans le ventre.

C’était un matin frais mais doux, rien d’inhabituel pour cette époque de l’année. J’étais resté plus longtemps sous les draps, profitant de l’atmosphère des premiers rayons du soleil. J’écoutais le silence. Plus je l’écoutais et plus je tombais en lui. Je me demandais souvent si le silence était vraiment le silence. Si « rien » existait réellement. Très vite mes sens s’éveillaient, j’entendais que le silence n’existait pas, brouillé par le ronronnement de la circulation en bas de la rue, troublé par quelques pigeons ci et là qui roucoulaient en attendant que la mamie d’en face daigne ouvrir sa fenêtre pour leur lancer les miettes du petit déjeuner. Puisque je venais de me prouver que le silence n’existait pas, je me levais nonchalamment, enfilais un jean troué et un vieux pull par-dessus mon pyjama pour aller chercher mon café quotidien au bistrot du coin. J’avais mis mes vieilles vans à la vas-vite tout en nouant mes cheveux dans un amas de nœuds.  J’entendais dans un coin de ma tête ma mère soupirait en me regardant. « Ca fait mauvais genre ma fille ». Même dans mon esprit je l’exaspérais. J’étais au fin fond de mes pensées quand j’ai vu le premier papillon. Je fermais toujours ma porte à clé, question d’habitude. Derrière moi une ombre portait un énorme fauteuil. Pitié, un nouvel élément perturbateur. Il éclata de rire en refermant la porte sur lui. J’étais au fin fond de mes pensées quand j’ai vu mon premier papillon. Quoi que je ne l’ai pas vraiment vu, mais plutôt senti les battements de ses ailes. Son rire a ricoché dans mon estomac pour donner naissance à un joli papillon. Mes pupilles étaient dilatées mais je préférais mettre ça sur mon manque de caféine. Pas de quoi s’emballer : une ombre avec un rire sexy ? Arrête ton char Ben Hur, on est pas dans une série.

C’était midi, quelques jours plus tard. J’avais oublié cette histoire de papillon sexy. Je bossais à la maison quand on a sonné à la porte. Moi et les autres … Et bien ils ne s’appellent pas les Autres pour rien. Je trainais les pieds jusqu’au judas. Un garçon attendait là. Bon admettons, un homme se tenait devant ma porte. Je décidais d’ouvrir mais de mettre rapidement un terme à cette interaction sociale. J’ouvrais. Sans rien dire. Fronçant les sourcils, je m’appliquais à rendre mes yeux noirs pour lui passer l’envie de venir me faire la conversation. J’ouvris. Mes yeux noirs rencontrèrent ses yeux noirs comme le chocolat. Ses yeux ont ricoché dans les miens comme quand on se met accidentellement le doigt l’œil. Un battement d’aile. Un deuxième papillon dans l’estomac. C’est dérangeant un papillon dans l’estomac, mais deux ce n’est pas agréable du tout. Parce qu’il n’y a pas beaucoup de place pour bouger alors on a tendance à souvent penser aux papillons. Je n’aime pas les papillons. Je n’aime pas penser aux papillons. J’aime bien le silence par contre. Oui, le silence c’est sympa. Je n’ai aucun souvenir de ce qu’il m’a dit ce jour là. Je pensais aux papillons.

Il y a eu d’autres matins avec des ombres qui rient, d’autres portes s’ouvrant sur des yeux noirs comme le chocolat. Il y a eu des soirées aussi. Il y a eu beaucoup de papillons. Le temps a passé et les papillons volaient toujours dans mon estomac. Je me suis même demandé s’ils se nourrissaient de mon intestin ou autre qui leur aurait permis de rester en vie si longtemps. Ca doit être douloureux tiens ! L’idée me dérangeait assez. Décidément je n’aime pas du tout les papillons. Mais la vérité c’est qu’à cause de lui, j’avais des papillons dans le ventre.

Lui par contre il aimait les papillons. Il en avait beaucoup accroché avec des aiguilles. Je regardais les papillons. Ils me fissuraient le cœur. Ils étaient contraints de garder les ailes grandes ouvertes. Ils devaient être fatigués à force. J’étais face au mur, il a posé une main sur ma hanche. Déposant un baiser très chaste sur ma joue et il m’a dit qu’il m’aimait. Je ne suis pas très doué avec les interactions sociales. Alors je n’ai rien dit. J’ai dû sourire. J’espère que j’ai souri. Vous vous souvenez que deux papillons ce n’est pas très agréable. Mais alors tout un troupeau ce n’est vraiment vraiment pas agréable.

Quelques jours plus tard. J’avais très froid. J’avais décroché les papillons au mur. Je n’aimais pas mes papillons, mais je n’aimais pas du tout les voir les ailes ouvertes sur le mur. Il était allongé sur le sol. C’est moi qui l’avais mis là. Il dormait quand j’avais enfoncé la lame du couteau de la cuisine dans son estomac. Il ne s’était pas réveillé. Je voulais lui faire la surprise. J’avais mis mes mains pour enlever ce qui me gênait et j’y avais mis tous les papillons du mur. Il allait enfin pouvoir comprendre ! Maintenant, lui aussi avait des papillons dans le ventre grâce à moi. Je ne sais pas si vous savez mais je ne suis pas très douée avec les interactions sociales… Depuis mes papillons ont arrêté de voler…

[Game] Loubardpolis, ou l’épopée de Full Throttle

Retour vers le passé

Edit : J’ai écris cet article en 2014 mais mine de crayon, j’ai l’amour pour lui. Et comme je l’ai souvent écrit : my twisted mind > my sky > my rules bitches. Il y a deux ans, je n’avais pas de console et mon pc subissait sa lente descente vers le purgatoire. Mon concept était simple : j’adorais les jeux vidéo autant que j’avais deux petites bites pour appuyer sur la manette. Résultat : j’étais d’une nullité indescriptible. C’est comme ça que je me suis réapproprié No Pain, No Game. D’autres l’avaient fait avant moi, je n’ai pas inventé l’eau chaude et ferme ta bouche. Pour jouer, il faut souffrir. Et c’est toujours plus plaisant d’aller jusqu’au bout de quelque chose de douloureux!

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En écrivant un peu les articles pour No Pain No Game j’ai eu quelques flashbacks et j’ai décidé de ressortir un peu mes vieux jeux rétro sur PC qui ont bercé mon enfance. Enfin disons surtout que j’essaie de me souvenir des jeux auxquels mon frangin jouait quand on était petit, sur Windows 99 et Xp. L’un qui m’a le plus marqué est Full Throttle ce qui signifie “A plein régime” (Et oui c’est beau la langue française). Il est produit par LucasArt en 1995. On y incarne Ben, un loubard mal rasé, chef d’un gang de motards, les Polecats, qui se fait passer à tabac après avoir refusé un contrat suspect avec un homme d’affaire à qui on reconnait fort volontiers un petit air de famille avec Sylvester Stallone. Lorsqu’il reprend connaissance, dans une benne à ordure (c’est mieux), il se rend vite compte qu’il trempe dans une affaire louche, accusé du meurtre du patron de la dernière firme de fabriquant de motocyclette. Il va donc falloir mener l’enquête pour retrouver le reste du gang, mettre les méchants en prison, casser quelques os et faire triompher la lumière se reflétant avec amour sur le pot d’échappement!

Je ne vais pas vous dévoiler toute l’histoire. Encore une fois si vous voulez lire ce genre d’article bien ficelé c’est tout à fait possible mais je ne sais pas écrire ce genre de poste, donc prends une licorne par les fesses. Dans mes souvenirs Full Throttle était un jeu vraiment sympa. Je m’imaginais alors que toutes les personnes qui possédaient une moto finissaient par fracasser les jambes des voisins à coup de pied de biche. Bref une bonne leçon de virilité de cuir et de clous.

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Donc Full Throttle … qui est à mon sens le meilleur jeu de LucasArt … (Pour la petite histoire j’avais trois ans quand il est sorti donc évidemment j’ai du faire tous les jeux de LA, obviously #komenjmelapète) est un Point & Click proposant quatre interactions : toucher, kicker, regarder ou parler/lécher. Oui, lécher. Il y a donc pas mal de possibilités d’actions. Dans le même esprit, il est possible de choisir différentes répliques. Le tout bourré d’un humour de motard terrible. En digne père spirituel de Sons of Anarchy, le jeu pullule d’action d’une violence assez poussée. On ne lésine pas sur le sang et les coups de point américain. Bref on ne s’ennuie pas et on dévient le disciple d’une véritable philosophie motarde. Pour jouer sur les clichés on pourrait imaginer les personnages perdus au milieu du Texas ou du Nevada, des motards quoi. Comme le chauffeur de poids lourd au bar qui s’amuse à planter son couteau entre ces doigts jusqu’à se faire bobo (j’ai toujours rêvé de faire ça) ou encore Quohog, le gérant et son anneau dans le nez.

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Mais Full Throttle ne serait pas à plein régime à fond les ballons sans Maureen, la mécanicienne super sexy ouvrez les fenêtre j’ai chaud. Et bien déjà petite j’étais assez épatée par ce personnage, aussi badass que n’importe quel autre motard. Avec son rouge à lèvre éclatant et son tattoo sur l’épaule, Maureen est une femme qui sait ce qu’elle veut et qui n’a pas peur de frapper là où ça fait mal. Une femme dans un monde de motard ça fait rêver, d’autant plus qu’elle se débrouille bien sur une Corley Motors avec son blouson en cuir et ses cheveux au vent. Je l’aime. Je la veux.

LucasArt se permet évidemment des références fort sympathiques à Star Wars, et il a bien raison, car elles ne sont pas de trop (de toute façon, c’est tout à eux donc bon) ! Le fameux « vous êtes mon seul espoir » ou plus visuellement des tatouages du symbole de l’Empire Galactique. Le mélange des licences est toujours agréable. Je l’aime.

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A l’époque, en 95 donc, on constatait volontiers avoir à faire à un très bon jeu mais on reprochait sa durée de vie limitée et des intrigues parfois trop simples puisque le curseur changeait de couleur pour indiquer les interactions possibles. Bon en vrai, tout n’était pas toujours clair comme de l’eau de roche et certaines énigmes demandent du temps pour être résolues correctement. Une petite après midi en cours de droit du travail suffiront amplement. Et oui c’est triste mais ça n’en reste pas moins une bien belle aventure avec une des fin les plus badass de l’histoire du jeu vidéo.

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Résurrectionnons ~Two years later

Pour changer de vie il suffit d’un choix. Parfois faut fuir les grandes villes où personne ne vit la joie.

Mai 2016, deux ans ont passé depuis les premiers mots que je couchais si fièrement sur les pages binaires de mon Saint Esprit Dérangé. Deux ans apportés leurs lots de bonheur et la lente agonie vers la non-vie. J’aspirais à célébrer la vie. Je n’en garde même pas les souvenirs. Pourtant aujourd’hui, je choisis, non pas de recommencer à zero comme je l’ai toujours fait, mais de continuer à écrire. Pour moi. Pour mes non-lecteurs. Ils sont si nombreux je leur dois bien ça. Je ne serais rien sans vous. Merci. Je choisis parce que je suis une perpétuelle célébration à la non-vie. Mais il est temps d’arrêter de faire la casu et de ragequit à la moindre occasion. “Hé oui, le passé c’est douloureux. Mais à mon sens, tu peux soit le fuir, soit tout en apprendre.” Il était sage le bougre ! Je ne reviendrais pas en arrière donc autant partir en quête niveau 35 de la vie. A nouveau. D’incertitudes et d’erreurs. Je suis ainsi faite. Mais je suis faite. Et par cela seulement je suis une toute petite manifestation de la vie. Je repars à sa recherche. Je porte dans mon sac les lourdes pierres du passé. Je ne pourrais jamais faire pénitence et tout effacer alors autant apprendre le courage et les porter. Mon désir aujourd’hui, résurrectionner. Oui résurrectionnons. Contrairement à réincarnationner, il s’agit bien de revenir parmi les vivants dans le même corps. Caillassez moi, je pourrais toujours ramper.

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[Photograph] All Love Is Equal Project

Le temps que je motive mon royal fessier à écrire cet article, l’artiste avait déjà fait le tour de la toile et ma petite nouveauté ne devenait qu’un article de plus, lus par quelques inconnus ici et là sur le web. Mais qu’importe! Je me fais tout à fait l’idée que The Holy Twisted Mind soit bel et bien le territoire de mon Saint Esprit Tordu et qu’il me revient donc d’y écrire ce qu’il me plait. Donc sous vos non-yeux blasés vomissant une quantité écœurante d’image ingurgitée chaque jour voici mon petit commentaire sur l’artiste Braden Summers et son project All Love Is Equal.

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Braden Summers est un photographe américain, un pied tantôt à New York, tantôt à San Francisco. Chacune de ses photographie trahit sa formation classique en dessin et en peinture, puisqu’il les compose de la même façon qu’un tableau, utilisant des éléments qui racontent une véritable histoire. Mais sa profonde sensibilité artistique le laisse libre de créer sa propre histoire, il choisit non pas de diriger mais d’inspirer. Il a travaillé pour le MoMA, le magasine Grazia ou encore pour l’organisme humanitaire FACE Africa. Ces différentes collaborations prouvent bien que Summers ne se limite pas à un style particulier de public, et c’est précisément pour cela que ces photos marquent les esprits : parce qu’il fait de son art un témoignage universel.

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Parlons un peu plus de All Love Is Equal, littéralement Tout amour est égal ou plus poétiquement Tout amour se vaut. Les scènes prennent vie sur tous les continents, au cœur de toutes les cultures, car l’amour ne connait aucune barrière; On y voit des couples homosexuels s’inscrivant dans les mises en scène des plus grands films romantiques de l’histoire, où comme si Doisneau lui-même avait pris possession de Summers, le temps d’une prise. Son idée est aussi simple et noble. Il cherche à comprendre les représentations de chacun, et surtout à les bousculer. Pourquoi donc quand on se représente les scènes d’amour emblématiques de l’histoire de l’art, on y voit apparaître des couples hétérosexuels uniquement? Ca parait même tout con quand on y pense. Mais pourtant on est bien loin du débat pour/contre l’homosexualité. Au contraire, le photographe se projette lui-même, et quiconque prends la peine de regarder ses oeuvres, dans un futur plus tolérant espérons; Il cherche à montrer à quoi pourrait ressembler l’amour dans différentes cultures, en éloignant le plus possible de toute forme de sexualité ou d’érotisme, de victimisation ou des clichés rapportés à la communauté gay. Un bien noble combat.

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http://www.bradensummers.com/menu/all-love-is-equal

[Cinema] Un jour, cette douleur te servira

C’était il n’y a pas si longtemps. Un temps où, encore aujourd’hui, on aime se faire croire que nous étions l’incarnation de la jeunesse et de l’innocence. C’était il n’y a pas si longtemps non. Souvenez-vous bien. Nous étions des ados, profondément philosophes et boutonneux. Profondément perdus et désespérément sûr de nous, question de survie. The Perks of Being a Wallflower c’est comme un kick du droit, direct dans les dents, où ton corps et ton esprit se retrouvent propulsés quelques années en arrière, comme un remake de Retour dans le Futur à la sauce Dawson. Tu as seize ans à nouveau. Tu tombes amoureux pour la première fois sans trop savoir ce que ça veut dire. Tu vis ton premier baiser. Tu te laisses mourir en écoutant la dernière balade sympa qui passe à la radio. Tu détestes le monde, tes parents, le lycée, tu n’as pas vraiment d’amis et tu as pris cette habitude étrange de longer les murs en baissant les yeux où que tu sois…

Ce fameux kick dans la gueule fait vraiment mal. Et la douleur ne disparait pas à la fin du générique. Même si tu as été cet élève populaire, même si la réussite te suivait partout où tu allais, comme la merde sur les poils d’un chien, tu sais ce que ça fait. Tu connais les crampes d’estomac sur le trajet de l’école. Tu connais ces réflexions insupportables que les lycéens affectionnent et craignent tellement… The Perks of Being a Wallflower raconte l’histoire d’un ado pas normal du tout, comme tout les ados. C’est l’histoire d’un garçon qui n’est pas un homme, qui essaie de grandir entouré d’autres ados pas normaux du tout… C’est l’histoire d’un constipé de la communication qui ne peut sortir ce qu’il a dans la tête que par la musique. C’est l’histoire d’une ombre qui vit au milieu d’étoiles un peu trop brillantes pour lui. Et il essaie. Il essaie vraiment. Mais il a tellement tellement de choses dans sa tête. Alors c’est difficile. Et même s’il ne se prend pas pour un homme, je veux dire, un adulte… Il y a des fois où il voudrait tellement l’être, pour protéger ceux qu’il aime, pour frapper du poing sur la table une bonne fois pour toute et dire enfin ce qu’il pense… C’est l’histoire d’un regard qui fixe toujours ses pieds, à qui on a fait croire que sa juste place était baissé, abaissé, cloué vers le sol. C’est aussi l’histoire d’une petite bulle de violence et d’amour qui explose. C’est difficile d’être adolescent.

Je ne suis pas bilingue loin de là, mais si on traduit rapidos le titre, ça voudrait un truc du style “Les avantages d’être un mur de fleurs”… Oui oui en français c’est simplement atroce… Mais quand on y réfléchit c’est aussi incroyablement poétique. Charlie est le garçon le plus discret de son lycée. Il est incroyablement mal dans sa peau, du coup, il fait le mort. Un mur de fleur dans un jardin public c’est beau, c’est du décor, ça ne fait pas de vague…comme Charlie. Mais voilà, si on fonce droit dans ce mur de fleur, en courant, en vivant, au mieux on se fait écorcher par épines et autre branche, au pire il y a un véritable mur derrière et on morfle … comme Charlie. Enfin, je dois avoir l’air d’une véritable illuminée mais bon, dans ma tête c’est beau. Aucun auteur ne choisirait son titre au hasard (entre nous je ne crois pas du tout au hasard, encore moins quand il s’agit des mots) et c’est toujours intéressant d’essayer de comprendre… Comme les ados en fait. Je déteste les ados autant que j’aime m’occuper d’eux… C’est pour dire. Il n’y a rien de plus vibrant et exaspérant que d’essayer de comprendre un ado qui est préalablement persuadé que personne ne peut le comprendre. Il a préalablement atteint la connaissance du Nirvana avec son dernier pétard où un être suprêmement surélevé lui a enseigné dans la langue des signes que vous étiez un sale con. Aaaah jeune, je vous aime du plus profond de mon cul : )

Tout ça pour dire, toi qui pense tout savoir, va donc voir ce film et chercher bonheur !

PS : J’ai fait mes devoirs et je suis allé voir ce que voulait vraiment dire l’expression “be a wallflower” en anglais. C’est une personne qui est mise de côté à cause de sa timidité, de son manque de partenaire ou de impopularité. “He’s a wallflower…. You see things. You keep quiet about them and you understand.”

[Artist] Sarcasme est père de tous les vices

Parlons peu parlons d’art! Je sais bien que ce blog est sensé être une véritable ode à la vie mais par rhétorique, ne pourrait-on pas glorifier la vie par la non-vie. Car c’est bien de cela dont il est question ce soir. De montrer un peu la non-vie dans la vie. Je n’entends pas débattre sur la mort. Eloignez de moi cette coupe (toi qui comprend la référence tu as mon respect). Mais véritablement de non-vie, c’est à dire, ces moments de la vie qui nous empêche de vivre… Tiens ça pourrait faire un bon sujet maintenant que je commence à écrire dessus! Mais ce n’est pas de moi ou de mes délires littéraux donc il est question ici. Ye vou parrrl du señor Luis Quiles! Con el acento español por favor! Fuck you, yo soy trilingüe…

Luis Quiles aime cracher avec amour et humour sur le monde. Et je pense d’ailleurs que chacun de ses artistiques postillons est propulsés de sa cavité buccale avec un profond amour du monde. J’entends par là que nous n’avons pas simplement à faire à un rageux de seconde zone mais à un artiste qui use de son sarcasme pour critiquer notre salope de petite société et ainsi montrer les différentes émotions qui peuvent découler, dégouliner de nos expériences de non-vie. Graphiquement je trouve ça merveilleux. Sans vouloir faire d’analyse je vois un peu d’influence du comics/manga, du street art au pop art. Il n’hésite pas à appeler un chat un chat et moi, personnellement, mais ce n’est que mon humble avis, je trouve ça de plus en plus rare. Plus c’est choquant … ou plutôt, plus ça à l’air choquant mieux c’est. Son travail est un voyage entre bite et vagin, hentai et sale bosch sans oublier le catho dégueu. Enfin moi j’aime bien, parce que finalement tout le monde s’en prend plein la gueule et se fait méchamment retourner ! Un peu comme ça en fait! Sur ce, prends moi par les fesses.

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Sérieusement ! Il y a tellement d’illustrations merveilleuses voir suuuper cool mais si je devais tous les mettre ça n’irait plus et on se retrouverait avec un article de la taille de ma b*te (ce que je ne vous souhaite pas). Je vous conseille d’aller voir directement el blog del señor http://luisquilesbd.blogspot.com.br Il a une vision du monde bien à lui, peut-être un peu pessimiste et mais surtout tellement réaliste. C’est assez marrant parce que plus je vagabondais sur son blog, plus j’ai remarqué qu’on avait pas mal de point en commun. Du coup, je vous laisse sur une illustration de notre maître! Bon week-end chers non-lecteurs !